Spider-Man : No Way Home, un film que pour les fans ?!

Après d’interminables et tendus débats, la litto s’est unifiée pour vous faire un article sur le très populaire Spider-Man : No Way Home, signé John Watts. Vous y découvrirez l’avis de chacun, certains plus nuancés que d’autres, mais vous y verrez pour sûr trash talk et engouement excessif…



La phase initiale


Laurent : Dans cette phase initiale, le film commence sur une séquence intense et dynamique, ce qui donne le ton de ce nouveau Marvel. Mais, on remarque rapidement quelques facilités scénaristiques ici et là et une introduction qui s’éternise. L'élément déclencheur démarrant le scénario est clairement tiré par les cheveux. Que cela soit le sort d’oubli ou encore l’aspect “maladroit au grand cœur” du personnage incarné par Tom Holland qui est certainement un brin trop forcé dans cet opus. Une introduction passable, en somme, qui mise sur la nostalgie des fans des anciens Spidermen avec un caméo de Daredevil très appréciable mais qui s’éternise, enfermé dans une narration bancale.


Vincent : Pour ma part, je trouve qu’il y a, lors de la phase initiale, un problème concernant l’élément perturbateur, la raison pour laquelle il lance le sort d’oubli. On en arrive à lancer un sort à l’échelle universelle (voire multiverselle) car Monsieur Parker a oublié d’appeler la fac. Marvel nous a habitués à mieux comme lancement de narration. Mais dans un sens, n’est-ce pas si ridicule que cela en devient rafraîchissant ? Je constate également un long moment sur les problèmes à la fac concernant son identité dévoilée, mais je parle de cela de façon positive. De façon plus générale, je trouve qu’il y a une bonne mise en perspective de la problématique de l’identité cachée, qui étrangement est très récurrente dans l’univers des super-héros mais très peu abordée dans le MCU. Enfin, le caméo de Daredevil est totalement incroyable.


Maël : Je dois avouer ne pas avoir apprécié. Elle est assez longuette, me paraît tirée par les cheveux et est une entame décevante à ce qui est l’un des long métrages l’un plus hypés de l’année. En bref, les effets sont au niveau mais le scénario peine à les rejoindre.


Nicolas : Le film commence très fort en mettant le spectateur dans le bain directement grâce à une séquence dynamique et qui donne vite le ton du film : humour et centré sur les problèmes de Peter. Une introduction très appréciable, en somme, mais qui s’éternise un peu par la suite pour introduire le scénario.


Point central du film


Amaëlle : L’humour du film marche. Il n’y a pas beaucoup de scène de fight. Enfin, il était touchant lors de la mort de tante May.


Vincent / Maël / Laurent : Sincèrement, il ne s’agit ni plus ni moins qu’un film de références, le tout saupoudré de fan service, avec un savoir-faire style MCU. Mais il convient d’admettre qu’il y en a beaucoup trop. Personnellement, j’ai aimé les autres films, donc j’ai apprécié capter toutes les références mais pour quelqu’un qui ne les a pas vu, ce film est fade et sans saveur. J’ai remarqué aussi un peu de modification rétrospective des anciens Spidey. On nous dit que les anciens Spider-man voulaient aussi sauver les antagonistes, mais bon, penser à les sauver après qu'ils soient morts, je saisis pas trop le raisonnement. Enfin Dr Strange un peu inutile aussi, juste présent pour le combat stylé dans la dimension miroir. James Jonah Jameson est trop sous-exploité, il avait un vrai potentiel et pas seulement pour servir de références à placer entre les moments importants de l’histoire.


Nicolas : On a beau parler d’un film Marvel, je doute que le studio se soit livré à un tel film sans le préparer en amont. A ce titre, le ridicule de l’élément perturbateur et la faiblesse du scénario relèvent probablement d’un choix volontaire du studio. En effet, le fan service fait l’identité de ce film : on l’a conçu pour cela. De fait, les réalisateurs assument complètement cette direction en choisissant un point de départ sans grand intérêt et un scénario bancal. Si on part de ce principe, et qu’on accepte l’absence de scénario bien construit, alors on ne peut que prendre son pied. C’est un film pour les fans, tout simplement.


L’arrivée des Spider-Men


Amaëlle : Je voulais que ce soit plus épique.


Laurent : Une entrée assez tardive, ce qui rend la scène d’autant plus attendue et efficace. Cette partie de No way Home est clairement le moment nostalgique qui plaira à tous les fans. Une scène en somme assez banale dans sa réalisation mais qui devient fantastique dans sa simplicité. Il apparaît clair que c’est la Scène de ce nouvel Opus des aventures de l’homme-araignée.


Maël : A titre personnel, je n’étais pas au courant que Tom Holland ne serait pas le seul homme-araignée. Effet de surprise réussi pour ma part. Clairement, ce point qui ravira les fans et fera remonter d'innombrables souvenirs.


Vincent : Très banale en réalité mais cela rend très bien. Tobey Maguire qui arrive en mode civil, qui sait tout sur la situation : “je vous cherchais”, très épique dans sa banalité. Certains diraient qu’il a sauvé le film. Mention honorable à Andrew Garfield qui est obligé de prouver qu’il est bien un Spider-man.


Nicolas : L’élément le plus attendu du film, connu de tous : l’arrivée de Tobey Maguire et d’Andrew Garfield. J’ai fini par douter de leur présence, au vu de leur entrée tardive; Détracteurs et adulateurs se retrouveront tous dans cette partie de NWH, calme et nostalgique. En revanche, l’abondance du Fan Service commence à cette partie là, et ne s’arrête plus jusqu’à la fin.

Tom Holland en particulier


Vincent / Amaëlle: Le Spider-man du MCU a vraiment joué le personnage bête et enfantin par rapport à Far from Home. Au point où les autres Spider-men et les antagonistes (même Électro) sont beaucoup plus intéressants que le protagoniste principal.


Maël : Déjà, l’acteur en lui-même. Lui est dans la lignée des précédents films et joue son rôle à la perfection. Pour autant, le Spider-man qu’il incarne se place dans la lignée du film, très simplet. Genre trop “foolish”. C’est d’autant plus dommage que Far For Home avait plutôt su mettre en exergue ce Spider-man assez cool et qu’on envie plutôt que son côté gamin.


Nicolas / Laurent : Un point négatif de taille : le traitement de Peter (Tom Holland). On retrouve la même sensation que dans Homecoming où ses actions sont dictées par des choix stupides résultant de problèmes banals de lycéen (sentiments amoureux, orientation…). Si, Far From Home et les événements des derniers Avengers ont fait grandir Peter, ce retour en arrière dans son comportement déçoit le spectateur : il a participé à sauver le monde, mais au fond ce n’est qu’un lycéen avec son lot d’ennuis classiques. Toucher à la timeline de notre monde pour que sa copine et son ami aillent à l’université, c’est vraiment une décision pourrie. Et après, on y retourne : il faut sauver les vilains, les réparer avant de les ramener dans leur univers et éviter qu’ils s’y fassent tuer. Cette fois, c’est à la timeline d’un nombre inconnu de mondes (2 en réalité) à laquelle il s’attaque, tout cela car May a jugé bon de lui rappeler que dans la vie, il fallait bien se comporter. On entre en inadéquation entre la futilité du personnage et les conséquences de ses actes. Ce qu’on pouvait pardonner à Homecoming, où la seule grosse conséquence réside en le crash d’un avion Stark Industries, impossible de le faire ici.

Certes, tout cela sert un but précis dans l’histoire du MCU : introduire le Multiverse au grand écran, mais le studio a choisi d’opérer au détriment du bon traitement du personnage de Peter : quel dommage.


Combat final


Laurent : Le combat final apparaît comme un enchaînement d’anciens vilains des films Spider-man fait pour satisfaire les fans de l’homme-araignée ce qui rend le combat final confus ou le spectateur risque de se perdre très vite surtout s’il n’est pas de base un fan de l’univers Spiderman. Après le film reste un Marvel donc le combat reste très appréciable avec des moments assez touchants, on pense par exemple à la blessure du Spider Man incarné par Tobey sans oublier les effets qui sont ,en somme, assez réussis.


Vincent : Le combat final est à mon avis un peu confus. On y mélange des méchants qui souhaitent survivre et qui considèrent les Spider-man comme des ennemis, avec d’autres qui combattent les Spider-man mais ne sont pas méchants en soi et veulent juste rentrer dans leurs dimensions. Mais on y ajoute aussi des méchants qui ne sont réellement pas contre les Spidey, ils sont en fait dans le camp. Vous voyez où je veux en venir : très brouillon et maladroit. Après bien sûr, le combat est beau et avec de bons effets.


Maël : Très Marvellesque dans le sens où gnagna tous les méchants qu’on a vus dans le film, ici dans LES FILMS, reviennent comme par magie. C’est bien sûr indéniable que les effets spéciaux, la musique et la manière dont c’est agencé parviennent à mettre le spectateur dans l’ambiance. Les 3 Spider-man aidant à diversifier quelque peu les scènes.

Point que j’ai aimé, le semblant de mort de Tobey. Je me dis non c’est pas possible, pas Tobey. Au final, non, en effet, mais rien que d’avoir eu l’hésitation me fait approuver ce passage.


Nicolas : C’est avec une audace non surprenante que le climax du film se déroule sur la Statue de la Liberté qu’on orne du bouclier de Captain America. Soulignons un point légèrement embêtant pour le spectateur : les trois Spider-men portent sensiblement le même costume, donc on se retrouve souvent confus lors du combat, entre Tobey Maguire et Andrew Garfield, qui portent leur masque, surtout de nuit.

Mais sinon, on ne peut que célébrer la beauté de l’affrontement. Vilains, héros et anti vilains (oui oui, on crée de nouvelles catégories à la Litto) s’affrontent dans un combat dantesque qui n’est pas sans nous rappeler le final d’Avengers : Age of Ultron. Les chorégraphies, bien que facilement oubliables, relèvent d’un dynamisme tout à fait satisfaisant, et les réalisateurs jouent de leurs trois héros similaires pour proposer des plans séquences pertinents et poignants. Un mot également sur la beauté des effets, très aboutis, avec de jolies couleurs, bien que sombres. On a le droit par ailleurs à de nombreux plans de fan service (mais on s’y attendait), certes parfois un peu gros et ridicules, pour autant nécessaires à un film qui se revendique pour les fans. On craint légèrement pour certains personnages, mais pas autant que si May n’avait pas péri plus tôt. Les proches de Peter revêtent un collier d’immunité car il a déjà assez perdu pour ce film. On regrette l’absence de Dr. Strange pour ce combat qui nous aurait, à coup sûr, livré d’impressionnantes chorégraphies.


Conclusion du film/ de l’article


Laurent : Le film est un bon passe-temps, il saura ravir tout fan du MCU et des anciens Spiderman avec notamment une bonne utilisation des références. Mais il semble clair que le film est une illustration parfaite d’un gros coup marketing parfaitement huilé et prévisible de la part de Disney. L’idée de Multivers introduite dans cet opus est intéressante mais attention au risque de surutilisation de cette idée (Disney est capable d’en abuser). En tout cas si vous avez pas vu la trilogie originale de Sam Raimi et les The Amazing Spider-man, vous aurez du mal à vous retrouver dans ce film réalisé pour faire plaisir aux fan de longues dates de l’homme-araignée.


Vincent : Les adieux étaient biens et émouvants, le Spider man devient mature et n’a plus envie d’intégrer ses amis dans ses problèmes. Tout le monde l’oublie, et revient à son petit appart miteux comme les anciens Spider-man où personne ne connaît son identité. Cela sous-entendrait que pour être un Spider man accompli et mature, il faut en venir à ce modèle ? A méditer donc. Mais dans l’ensemble, je conclurais par dire que c’était un bon film fan-service divertissant, qui n’a pas de scénario mais qui plait et plaira aux fans. Si vous n’avez pas vu la trilogie de Raimi et les Amazing Spider-man ou que vous ne les aimez pas, je vous dirait de vous abstenir de le voir. Il en reste, à mon sens, sur-hypé pour le produit visuel obtenu à la fin, ce qui n’en fait pas un mauvais film. Il apporte juste des questions et des points à soulever, ce qui le rend peut-être d’autant plus intéressant, puisque sinon, cet article n’aurait pas vu le jour.


Nicolas : Pour moi, la grande force de Spider Man : No Way Home réside en son final : haut en couleurs. En voyant la brèche du multiverse s’agrandir, le spectateur se pose une question : serait-ce le bordel pour la suite de la phase 4 ou existe-t-il un dénouement rapide possible ? Évidemment, c’est la deuxième option qui l’emporte. En revanche, une fin du combat au bord de l’océan sous un ciel crépusculaire, on connaît Marvel : on devine que la scène va nous émouvoir, et on sait partiellement pourquoi : il va nous falloir faire nos ultimes adieux à Tobey et Andrew ET possiblement à Tom. Alors qu’il doit disparaître des mémoires de tout le monde, nous faisant craindre la fin de Spider Man dans le MCU, il salue une dernière fois ses proches, dos au soleil levant face à l’Atlantique, dans une scène embellie par une musique (Forget me knots) époustouflante : une scène qui fait verser une petite larme.


En somme, un film par les fans, pour les fans, rien que les fans, qui saura ravir pour ses (très) nombreux Easter Eggs et sa qualité visuelle et audio. Il s’adresse à la fois aux amateurs de Spider Man, évidemment, mais également du MCU en général, puisqu’il introduit le multiverse au cinéma, élément central des phases 4 et 5. L’émotion est présente à plusieurs reprises, et on alterne fréquemment entre sourires, grimaces et yeux émerveillés. On regrettera cependant l’absence de scénario solide, et un développement du personnage de Peter (Tom) limité, voire un retour en arrière vis-à-vis du travail des deux premiers films. Si les plus ouverts peuvent excuser le premier point par une volonté des réalisateurs d’assumer le côté Film pour fans, on ne peut que ressentir une certaine déception quand on pense au personnage de Peter… Bref : un film à voir pour sa claque visuelle et la satisfaction d’une production qui se revendique pour les fans.


Vincent Helle, Nicolas Balter, Laurent Splendido, Amaëlle Larisse, Maël Hadj

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