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Meurs monstre meurs

September 21, 2019

 

 

 

Vous vous souvenez de Paprika ? Vous aimez les films d’auteurs pseudo-philosophiques qui ne sont là que pour cacher le manque d’idée de leurs réalisateurs ? Vous vous demandez si vous êtes un homme ou une femme ou si avoir payé 35000 euros pour avoir un diplôme est une bonne idée ? Pourquoi la vie, et Hitler est-il mort en 45 ?


Bienvenue sur la litto’sphère le blog le plus conspirationniste d’internet, cette critique devrait répondre à tous vos questionnements et envies les plus sombres. Non en fait c’est faux mais avec ce que je vais faire subir à ce film vous vous direz que même Yann Moix était clément dans ses critiques.

 

 

Où est le scénario ? Chef, je crois que c’est saucisse votre chien qui l’a mangé.


On commence par le plus simple, l’histoire. On va faire court le film se passe en Argentine, un policier nommé Cruz enquête sur des meurtres après la découverte d’un cadavre décapité dans les montagnes. Il part alors à la recherche de David, le mari dérangé de son amante, Francisca. Celui-ci est totalement désorienté, il entend des voix et ne fait que s’enfuir constamment de chez lui. Un jour, Cruz et Francisca ramènent David après une de ses énièmes évasions, c’est alors que celle-ci se fait tuer et qu’une série de meurtres commence. David est ensuite interné mais réussit à s’évader. La police trouve un nouveau cadavre et David à proximité. C’est pourquoi toute la brigade l’accuse, sauf Cruz qui a retrouvé des dents et une bave inconnue sur les cadavres, qui ne peuvent provenir d’un être humain. Cruz va ensuite se rendre compte que l’emplacement des meurtres, reliés entre eux, forment trois lettres M,M,M comme meurs, monstre, meurs, phrase provenant des voix qu’entend David. De plus, après chaque meurtre trois motards inconnus apparaissent sans que l’on sache quoi que ce soit d’eux. C’est ainsi que, l’histoire avançant, tout devient de moins en moins compréhensible et logique jusqu’à une confrontation finale et une fin qui n’expliquent rien. Là c’était court mais attendez que je décrive les défauts du film.


Les qualités ? Quelles qualités ?

Le plus grand questionnement du film qui n’est jamais résolu c’est bien ce film a-t-il des qualités ? Alors beaucoup de critiques sur internet vous diront : « oui c’est un film avec des paysages magnifiques doté d’une vision très subjective et noire de la vie, ce film dérange et c’est pour ça qu’on l’aime ». J’aimerais répondre à ces critiques avec des mots simples, quelles sont vos références en matière de cinéma de genre ? J’ai la sincère impression qu’ils cachent leur incompréhension du film derrière un mélange de mots savants mal maîtrisés et d’émerveillement malsain pour un film qui devrait simplement être oublié. Si les rédacteurs de ces critiques veulent voir des films transgressifs, noirs et qui les feraient probablement s’évanouir au bout de la seconde scène, je leur propose de critiquer Atrox, Carcinoma ou encore dead hands dig deep. Mais dans le cas de ce film n’essayez pas de trouver du sens là où on ne retrouve qu’un enchaînement d’images plus ou moins gores pendant 1h40. Bon, j’étais censé parler des qualités donc je vais en parler, la seule que j’ai pu trouver à ce film sont les prises de vues et les images. Ça se passe dans les montagnes en Argentine, c’est beau et c’est tout ce que j’ai pu en apprécier.

Si ce film était un enfant il se serait arrêté au stade phallique.

En effet je vais développer ce que j’ai pu comprendre du sens profond du film. Globalement c’est un film qui s’interroge sur la sexualité et la vision que chacun a de celle-ci. On a le droit à des réflexions sur l’adultère, l’homosexualité, l’amour charnel. On comprend donc que le monstre qui est une sorte de succube, un démon violeur dans la théologie chrétienne, s’en prend plus ou moins à des individus qui ont un problème avec leur sexualité puisque lui-même est né de l’échec amoureux d’un des personnages. C’est la seule chose qui peut être tirée du film, ce qui tourne autour permet de meubler mais le rapport entre David et le monstre, les trois M ou encore les motards tout cela ne porte aucun sens précis. Si bien qu’on pourrait imaginer toutes les interprétations possibles sans qu’une seule ne soit valable ou n’ait un intérêt dans la compréhension du film. Si vous cherchez à expliquer le film vous feriez aussi bien de rechercher les cités d’or, le yéti et la pierre philosophale dans un épisode de c’est pas sorcier. Les réflexions ne créent rien, elles ne servent qu’à obscurcir un film qui est déjà plongé dans les ténèbres de la fosse des Mariannes.

 


Les défauts : une boucherie.


Je n’aime pas vraiment faire dans la violence mais là je vais y être contraint pour vous montrer que même quand on pense avoir tout tiré d’un film, il reste encore des défauts.
Vous croyez que j’ai déjà écrasé le film ? Non je suis encore capable de frapper un handicapé à terre. On peut commencer par le scénario : qui a osé donner un stylo au scénariste ? C’est un scénario inachevé il n’y a pas de raccords. La raison d’être du monstre doit être cherchée dans une scène de 5 minutes sur un film d’une heure quarante ( on a dû s’y mettre à deux pendant 2h pour essayer de comprendre les loques du scénario). Le film a 3 scènes qui se répètent sous différentes formes : David dans l’hôpital psychiatrique, la découverte des meurtres et les conversations entre le chef de la police et Cruz. Si un film se construit ainsi alors les épisodes de Martin mystère devraient avoir la palme d’or.


De plus, prenons les retours à chaud des spectateurs : à la sortie en écoutant les discussions des gens de la salle, pas une seule personne n’a compris ou a une réaction positive. Dans ce cas en tant que réalisateur deux choix s’offrent à nous : soit se faire interner, soit se reconvertir en vendeur de glaces. Les dialogues sont eux aussi longs et sans réel intérêt pour le déchiffrage de l’histoire.


La façon dont frappe le monstre est très floue, on croit comprendre ce qu’il recherche mais c’est possible que l’on se trompe. Comment ainsi réussir à aimer un film alors que ses éléments de constitutions sont eux même indécis. Il y a surement un projet derrière ce film mais si l’auteur avait pu éviter de sortir directement le squelette d’un plan d’un brouillon, cela aurait été agréable pour notre cerveau. Concernant l’utilisation du gore dans le film, il n’a lui non plus aucun sens. On se retrouve avec des plans longs sur des parties de corps arrachées, très bien, ça ne fait strictement rien avancer dans le film. Merci de nous montrer que vous savez utiliser du maquillage mais on aurait préféré que vous sachiez utiliser une caméra. Ce qui semble aussi participer au mystère du film c’est l’absence de noms complets des personnages et de lieux précis dans le film. Génial, mais ce film n’a pas la prétention d’être une pièce de théâtre absurde. Par exemple, dans En attendant Godot, Beckett maîtrise parfaitement la déconstruction des trois unités. Si ce film ne fait pas parti de l’absurde de manière explicite ce serait intéressant d’avoir quelque part un marqueur spatio-temporel. Il y aussi quelques moments dans le film où on pense ne même plus être dans celui-ci. C’est le cas d’une scène dans une forêt où l’on passe d’un plan où l’on voit Cruz assis sur un arbre, au monstre puis encore à Cruz sans transition logique. Cette scène pourrait ne pas être dans le film ça ne changerait rien. En fait on pourrait même réorganiser le film en changeant la moitié des scènes et on ne comprendrait toujours rien.
 


Conclusion

 

Vous l’avez bien remarqué je ne porte pas ce film dans mon cœur mais j’avais quand même besoin de partager ça donc si vous souhaitez aller le voir vous perdrez simplement 1h40 de votre vie. Si par contre vous voulez voir de bons films fantastiques en langue espagnol je vous conseille Matar a dios, Shrew’s nest ou encore Mama.

 

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